Ron Perlman, au bord de l’abandon, relancé par un dîner avec Annaud

Dettes, doublages et petits rôles télé : Ron Perlman voyait sa carrière s’éteindre quand un mail de Jean-Jacques Annaud lui a ouvert la porte de Stalingrad.

Yasmine Ouali Par Yasmine Ouali
3 min de lecture
Partager X Facebook E-mail
Ron Perlman, au bord de l’abandon, relancé par un dîner avec Annaud
Une caméra de cinéma argentique ancienne, avec son objectif et ses sangles, posée sur du liège.

En bref

  • Ron Perlman raconte avoir cru son parcours d’acteur terminé avant un message de Jean-Jacques Annaud.
  • Le cinéaste lui a annoncé au restaurant qu’il lui avait écrit un rôle.
  • Ce rôle est celui de Koulikov, tireur de l’Armée Rouge dans Stalingrad.

Un acteur persuadé d’être arrivé au bout du chemin, un message qui surgit dans sa boîte mail, un restaurant où tout bascule. D’après AlloCiné, Ron Perlman a vu sa trajectoire changer à la fin des années 1990, lors d’un repas avec Jean-Jacques Annaud, alors qu’il était sur le point de tout abandonner.

Un acteur loin des plateaux

Cela fait quarante-cinq ans que Ron Perlman impose sa silhouette à l’écran. Diplômé en beaux-arts de l’University of Minnesota, il doit beaucoup à Jean-Jacques Annaud, qui a contribué à propulser sa carrière d’acteur. Le cinéaste l’a dirigé dans La Guerre du feu, puis dans Le Nom de la rose, où Perlman incarnait Salvatore, un personnage bossu.

  1. Annaud réalise Sept ans au Tibet.
  2. Perlman se voit cantonné à des apparitions télévisées secondaires et à des doublages de séries d’animation, tandis que les dettes s’accumulent et que les perspectives concrètes manquent.
  3. Le cinéaste reprend contact avec lui, après une longue attente.

En 2014, l’acteur a décrit cette époque comme le point le plus bas de son existence artistique. Selon ses mots, on ne planifie pas l’obscurité et l’on ne s’aperçoit pas qu’on y est avant d’être en plein dedans. Il pensait alors que le monde l’avait oublié, et il se disait à deux doigts de chercher un travail normal et sûr pour faire vivre sa famille. Il croyait sérieusement avoir atteint le bout de son chemin de comédien.

Le dîner qui a tout changé

Le message d’Annaud arrive de nulle part dans sa messagerie. Le réalisateur français indique qu’il traverse la ville et propose spontanément à Perlman de dîner dans un restaurant. La date exacte de ce repas n’est pas connue.

Table de restaurant dressée pour deux, avec serviettes blanches pliées, verres à pied et pétales de rose rouges, dans une salle sombre.
Une table dressée pour deux dans une salle de restaurant tamisée, avec serviettes pliées, verres et pétales rouges. Photo : Gia / Pexels

À table, après l’apéritif, Annaud lui dit avoir un film à « feu orange clignotant » et lui avoir écrit un rôle, raconte Perlman. L’acteur affirme avoir été submergé, sur le point de fondre en larmes. Annaud lui demande ce qu’il a dans l’œil ; d’une voix tremblante, Perlman répond que ce sont ses allergies. Le cinéaste sourit et poursuit : ce n’est pas le plus grand rôle du film, mais il est beau, et Perlman l’aimera.

Pour l’acteur, la phrase « Je t’ai écrit un rôle » a fonctionné comme un interrupteur, qui l’a fait passer de l’état éteint à l’état allumé. Il conclut que cet homme est venu sauver quelqu’un en train de se noyer. C’est son ressenti, rapporté tel quel.

Stalingrad, une bataille vue par deux tireurs

Quatre ans après Sept ans au Tibet, Annaud s’est plongé dans un film de guerre pur, Stalingrad. Dans un entretien accordé en 2001 au magazine DVDVision, il expliquait ce qui l’intéressait particulièrement :

  • reconstituer la bataille à travers le microcosme de deux hommes, deux snipers qui s’affrontent ;
  • placer ce duel sous l’œil de la propagande.

Koulikov, un rôle écrit sur mesure

Le rôle conçu pour Perlman par Annaud et son coscénariste Alain Godard est celui de Koulikov. Ancien élève de l’académie allemande de tir d’élite que dirige Erwin König, joué par Ed Harris, ce personnage est devenu un tireur chevronné de l’Armée Rouge. Il prend sous son aile le jeune héros Vassili Zaïtsev, interprété par Jude Law.

Koulikov arbore un râtelier métallique, souvenir des purges staliniennes que résume une réplique truculente : « Ce n’était pas la faucille, camarade, c’était le marteau ». Selon AlloCiné, Perlman donne à ce tireur un mélange de gouaille, de mélancolie et de gravité tragique.

Photo : cottonbro studio / Pexels

Yasmine Ouali

Actualités du cinéma et chroniques

Yasmine Ouali

J'ai travaillé une dizaine d'années en post-production, surtout en étalonnage et en sous-titrage. Sur CineAddict, je m'occupe des coulisses du cinéma : plateformes, salles, techniques de tournage, box-office et économie des films. Le week-end, je numérise de vieux films de famille pour des amis.