Le Corset, premier long métrage en solo de Louis Clichy, arrive à Angoulême
Premier long métrage en solo de Louis Clichy, ce récit d’un garçon corseté dans la Beauce des années 80 attire déjà plus de 119 000 spectateurs en cinq jours.
En bref
- Le film a été primé à Annecy, sélectionné à Cannes et présenté à Angoulême.
- Le studio Caribara, à Angoulême, a tracé la moitié des traits.
- Séance offerte à environ 250 enfants des MJC le lundi 19 octobre.
Cinq jours après sa sortie, Le Corset pointait à la huitième place du box-office français le dimanche 18 octobre, avec 119 577 entrées, selon Charente Libre.
Un garçon, un corset et la Beauce des années 80
L’histoire se situe dans la Beauce des années 80, au sein d’une famille d’agriculteurs. Christophe, atteint d’une grave scoliose, reçoit des médecins un traitement lourd : un corset métallique à porter jour et nuit pour ne pas tomber. Michel, organiste de la paroisse, le prend sous son aile.
D’après Première, l’aquarelle occupe une place centrale dans l’animation, et le film conjugue récit initiatique, portrait d’une relation père-fils et chronique du monde agricole. Louis Clichy signe là son premier long métrage en solo. On lui doit déjà deux Astérix, réalisés avec Alexandre Astier, créateur de la série Kaamelott, qui figure parmi les voix du film.
Le propos prend un tournant sérieux quand Christophe ne peut plus se baisser pour ramasser une balle, recopier sa leçon ou monter dans le nouveau tracteur. S’y ajoutent les difficultés économiques de la ferme, les moqueries des camarades et sa mise à l’écart des travaux de l’exploitation. Le père, dépassé, lui répond que la famille n’a pas « besoin d’un fils qui pousse de travers ». Le quotidien reste pourtant rythmé de joies adolescentes : un premier émoi amoureux, la tendresse de la mère, la camaraderie avec le frère aîné. La musique offre une voie de sortie, mais pas de happy end.

Animatrice dans un centre de loisirs d’Ivry, Françoise Renaudie était l’une des rares adultes de la séance de l’après-midi. Elle juge : « Ça aborde plein de sujets, comme les violences intrafamiliales ». Elle confie aussi que son fils avait des problèmes aux jambes et que le regard des autres comme l’inquiétude des parents lui ont beaucoup parlé. Véronique Hénot, spectatrice de 70 ans, attirée par un reportage télévisé, dit : « C’est émouvant et bien mené ».
Une fabrication en partie angoumoisine
Huit personnes du studio Caribara se sont consacrées au projet, entre 2024 et 2025, pendant neuf mois. Leur travail représente la moitié des traits du film.
La directrice du studio, Emily Ponsard, décrit ce rendu : « Il y a un côté spontané, artisanal. On se rapproche d’une relation au papier, on ressent le coup de pinceau. »
Du palmarès aux salles
Primé à Annecy, le film a été sélectionné à Cannes. Il a ensuite été montré au Festival du film francophone d’Angoulême, dans le panorama consacré à son distributeur KMBO, avant d’arriver en salles.
- : le film y est primé.
- : il y est sélectionné.
- : il est présenté au Festival du film francophone.
- : le démarrage est fort et le film est présélectionné pour les Oscars, selon Charente Libre.
Le voir à Angoulême
- Durée : 89 minutes, avec une projection quotidienne au cinéma de la Cité de la BD, 60 avenue de Cognac.
- Tarifs : de 4 à 8 € selon les cas.
- Le lundi 19 octobre, environ 250 enfants des MJC de l’agglomération d’Angoulême ont assisté à une séance offerte par le Pôle image Magelis.
À la sortie de cette séance, une adolescente a apprécié la relation de Christophe avec son frère, qu’elle décrit comme un mélange de haine et d’amour. Une fillette de la MJC de Fléac a trouvé le film drôle, mais aussi un peu effrayant. Françoise Renaudie affirme qu’elle emmènera ses groupes voir le film.
Photo : Tima Miroshnichenko / Pexels
