Dix jours de la vie de Jean Moulin, racontés par László Nemes face à Barbie
Nemes face à Barbie, Na Hong-jin après dix ans d’absence, trois documentaires et un conte animé : la semaine s’annonce chargée dans les salles françaises.
En bref
- Moulin, de László Nemes, a été présenté en Compétition à Cannes en 2026.
- Hope marque le retour de Na Hong-jin après dix ans sans film.
- Le Fantôme de l’Opéra et Sanguine reçoivent un accueil sévère des Inrocks.
- Trois documentaires et un film d’animation complètent la semaine.
Le cinéma français voit arriver cette semaine, selon AlloCiné, un face-à-face historique, une chasse au monstre sud-coréenne et plusieurs récits de quête du père. Voici ce qui mérite d’être repéré dans la sélection du 28 octobre.
Moulin et Hope, les deux gros morceaux
Dans Moulin, László Nemes met en scène Jean Moulin, interprété par Gilles Lellouche, face à Klaus Barbie, chef de la Gestapo à Lyon, joué par Lars Eidinger. Le scénario d’Olivier Demangel resserre le récit sur les dix jours qui séparent l’arrestation du fondateur du Conseil national de la Résistance de sa mort, en mai 1943. Selon Le Figaro, le film n’est pas une hagiographie : le cinéaste montre un homme avec ses forces et ses faiblesses. Les Inrocks relèvent que les années de guerre sont traitées très vite, le film se concentrant sur le supplice physique et mental du résistant capturé.
László Nemes n’est pas un inconnu de la Croisette : Le Fils de Saul y avait obtenu le Grand Prix en 2015.
Hope, film sud-coréen de Na Hong-jin, suit la traque d’une bête qui rôde entre forêt et montagnes. Au poste de police d’un village à la population vieillissante, Bum-seok et Sung-ae se démènent pour le défendre, tandis que Sung-ki et ses amis poursuivent la créature et deviennent eux-mêmes des cibles. Le Monde rappelle que le cinéaste a signé son premier film, The Chaser, en 2008. Le Figaro souligne la puissante énergie du film et l’idée d’un monde où la peur fabrique sa propre violence, quand les Inrocks y voient un grand film de monstre alternant le galvanisant et le sarcastique.

Fiction française : fantômes, Sarcelles et hôpital
Le Fantôme de l’Opéra, d’Alexandre Castagnetti, avec Deva Cassel, Julien De Saint-Jean et Romain Duris, transpose l’histoire dans le Paris actuel. La jeune danseuse Anastasia intègre l’Opéra de Paris et répète l’Orpheus, opéra maudit. Les Inrocks parlent d’une adaptation maladroite et ratée d’un roman culte, tout en notant que le film porte une hantise de la mort qui aurait mérité d’être creusée.
Quelques mots d’amour, de Rudi Rosenberg (1 h 37), se déroule à Sarcelles en 1995. Erika, jouée par Hafsia Herzi, élève seule ses deux enfants, et sa fille Abigaëlle veut retrouver le père qu’elle n’a jamais connu. Le réalisateur s’est inspiré d’un épisode de l’émission Striptease intitulé « Papa va venir » pour créer le personnage d’Erika. Remarqué au dernier Festival de Cannes, le film séduit les Inrocks par son mélange de tendresse et de détermination et par la direction d’acteurs non professionnels.
Sanguine suit Margot, jouée par Mara Taquin, qui débute son internat aux urgences, avec Karin Viard au casting. Les Inrocks le jugent un déjà-vu, entre teen movie d’hôpital et thriller d’épidémie.
Documentaires et animation en un coup d’œil
| Film | Durée | Sujet |
|---|---|---|
| Papa où t’es ?, de Basile Monnot et Samy Bouyssié | 1 h 48 | Nicolas Trouvé, alias Nicotine, suivi par quatre millions de personnes, cherche son père d’Avignon jusqu’au Sénégal. |
| Irish Travellers, d’Alexander Murphy | 1 h 36 | La famille O’Reilly, Patrick et ses dix enfants, vit en caravane ; les Travellers irlandais sont reconnus minorité ethnique depuis 2017. |
| Le Mystère Lucy Lost, d’Olivier Clert | non communiquée | Premier long-métrage adapté de Michael Morpurgo, présenté à Annecy en 2026. |
Dans Papa où t’es ?, Nicolas, 27 ans, séparé de sa mère à trois ans, a grandi entre familles d’accueil et foyers. Il récupère son dossier de l’Aide sociale à l’enfance pour retrouver la trace de son père.
Pour Le Mystère Lucy Lost, l’équipe a filmé le master numérique sur pellicule argentique avec le laboratoire Transperfect, afin d’obtenir un rendu plus chaleureux que le dessin 2D purement informatique. Le Figaro y voit l’une des surprises animées les plus émouvantes de ces derniers mois.
Pour les familles qui préparent les vacances, une autre sélection existe : neuf films familiaux de la Toussaint.
Photo : cottonbro studio / Pexels
