Gabin découvre Citizen Kane à la télé et lâche une seule phrase, rapportée par Audiard
Le film d’Orson Welles, sorti aux États-Unis en 1941 puis en France en 1946, a été vu par Gabin à la télévision. Audiard en garde une réplique brève et ambiguë.
En bref
- Audiard raconte que Gabin a vu Citizen Kane à la télévision.
- La remarque de Gabin tient en une phrase, sans autre confidence connue.
- Le film est sorti en France cinq ans après les États-Unis.
- Citizen Kane est accessible en streaming et en VOD.
Un monument du cinéma, un monstre sacré du cinéma français, et une réaction qui tient en une phrase. Face à Citizen Kane, premier long-métrage d’Orson Welles, Jean Gabin n’a laissé aucun commentaire développé, ce qui donne à l’anecdote tout son relief.
Une phrase, un témoin, peu de précisions
L’anecdote vient de Michel Audiard, qui a travaillé avec Gabin sur une vingtaine de films comme scénariste et dialoguiste. Il la relate dans Audiard par Audiard, un livre paru chez René Château, et AlloCiné l’a remise en avant le 28 octobre 2026.
« Gabin n’allait jamais au cinéma, ni au théâtre. Il découvrait les choses, les films, à la télé. Un jour, il a vu Citizen Kane et il m’a dit : ‘Dis-donc, ce film-là, vous avez dû le sentir passer quand il est sorti…’ »
Michel Audiard, scénariste et dialoguiste, auteur de Audiard par Audiard
L’acteur découvrait donc les films depuis son salon plutôt qu’en salle. Audiard ne dit rien des circonstances de l’échange ni de ce que Gabin pouvait reprocher à l’œuvre. D’après AlloCiné, le ton de la remarque laisse penser que la découverte ne l’avait pas particulièrement emballé, mais le sens exact de la phrase reste énigmatique et impossible à trancher.

Citizen Kane, un film loin des rôles de Gabin
Le long-métrage suit l’ascension, puis la chute, de Charles Foster Kane, un magnat de la presse tout-puissant dont la fortune colossale alimente peu à peu des ambitions sans mesure. Le public français a dû patienter cinq ans après la sortie américaine, la guerre expliquant ce décalage.
Ce personnage autoritaire et mégalomane s’éloigne des rôles qui ont fait la réputation de Gabin. Le comédien a souvent joué des hommes fidèles à leurs principes, soucieux de leur dignité et d’un code d’honneur, qu’ils viennent des milieux populaires de ses débuts ou des figures bourgeoises de l’après-guerre. AlloCiné avance que cette différence d’univers pourrait expliquer en partie ses réserves, tout comme l’approche narrative et visuelle audacieuse d’un Welles de 25 ans. Ce sont des hypothèses : aucune autre confidence de Gabin sur le film n’est rapportée.
| Ce qui fait la réputation du film | Détail cité |
|---|---|
| Construction | Récit en flashbacks |
| Image | Cadrages inventifs, profondeur de champ |
| Écriture | Jeu avec les codes du récit |
Selon AlloCiné, ces choix de mise en scène ont profondément marqué l’évolution du septième art.
Chef-d’œuvre reconnu, remarque laconique
Le contraste est net. Le film apparaît fréquemment dans les classements des plus grands films de l’histoire et obtient 4,3 sur 5 auprès des spectateurs d’AlloCiné. Face à ce statut, le seul témoignage attribué à Gabin se résume à une interjection suivie d’une courte phrase. AlloCiné y voit la preuve qu’un chef-d’œuvre peut laisser perplexes certains spectateurs, même lorsqu’ils sont eux-mêmes des légendes du cinéma.
Photo : Ron Lach / Pexels
